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frequence Techniques Audiovisuelles

AETA Audio MIX2000

elkaraoui

Les successeurs de la Micromix et du préampli PSP2 EAA

Nombreux sont les adhérents Afders, amateurs de prise de son et heureux possesseurs du petit préamplificateur Micro stéréophonique EAA PSP2, quelques uns ayant "craqué" pour le modèle Micromix, permettant le mélange de quatre canaux.

 

 

La société EAA ayant rencontré de graves difficultés, l'Afders était légitimement inquiète à propos de l'avenir et du développement de ces produits. C'est donc avec un plaisir particulier qu'elle a accueilli le 23 mars 2002 la société AETA Audio pour une présentation du préampli PSP3 et de la mixette MIX2000, qui apportent tous deux des progrès significatifs par rapport aux produits antérieurs, ainsi que l'on va en juger.

La société AETA Audio (Applications Electroniques et Techniques Avancées Audio) existe depuis 1978. Ses domaines d'activité couvrent notamment la télésurveillance et les télécommunications, avec des développements dans les domaines du codage (CODEC), des techniques de compression, de la conversion analogique/numérique et numérique/ analogique et de la miniaturisation.

En 1998, AETA Audio a repris les activités de la société EAA, le lien étant assuré, pour ce qui concerne les produits présentés à l'Afders, par M. François Staman, leur concepteur, qui avait collaboré avec la société EAA à la suite de M. Penot. Il était accompagné pour cette présentation de M. Jean-Baptiste Zanivan, responsable des aspects commerciaux et de M. Alain Godefroy, attaché presse-communication.

Présentation de la MIX 2000

La MIX 2000 remplace la mixette Micromix, développée en 1978-1979. Les améliorations apportées visent à répondre aux souhaits exprimés par les clients et à améliorer son adaptation aux évolutions récentes des microphones et des enregistreurs.

 

 

 

 

Les enregistreurs portables de l'époque, Stellavox, Nagra, Uher etc., avaient dans leur grande majorité une dynamique utilisable de l'ordre de 60 dB. Avec l'apparition des enregistreurs numériques, de nouveaux microphones sont apparus, dont le niveau de sortie peut excéder de 20 dB celui des anciens modèles. Ceci a conduit de la part de certains clients à des doléances portant sur l'admissibilité d'entrée, qui résultait de limitations propres à certains étages.

La mise au point d'un nouvel intermédiaire entre de nouveaux micros et de nouveaux enregistreurs a conduit à une refonte de l'électronique et plus particulièrement du "plan de gain" interne, c'est à dire de la distribution du gain entre les différents étages, permettant de

répondre à ces problèmes d'admissibilité, sans qu'il y ait nécessairement refonte de la conception de ces étages, remarquablement performants.

Cette mise à jour a été mise à profit pour répondre aux demandes des utilisateurs, radio, télévision ou cinéma, par exemple à celle de TF1 de disposer des réglages en façade. Il

en a été de même de points de détails tels que la nécessité d'utiliser 10 piles, c'est à dire 2 packs et demi (on ne savait que faire des piles qui restaient et il fallait acheter trois packs à chaque fois), ou de l'absence de basculement automatique sur piles lorsque l'on travaillait avec l'alimentation secteur.

Plus important était le réglage du niveau d'entrée, qui s'effectuait avec des potentiomètres crantés ne permettant pas de garantir strictement les mêmes gains. L'utilisation de commutateurs à 8 positions avec résistances 1% et d'un niveau master avec VCA a résolu ce problème et a permis en outre l'intégration de compresseurs et limiteurs à très haute performance. Au lieu, par exemple, d'un limiteur figé en usine à + 10 dBu et à l'action brutale, la nouvelle mixette permet une limitation progressive, avec un réglage interne optimisant la plage de gain globale et un compresseur ajustable à la demande du client.

Ce compresseur/limiteur est bien entendu débrayable et est surtout utile lors des prises de son en extérieur, où l'on est jamais maître de ce qui va se passer.

Les quatre entrées de la console sont universelles, le gain maxi étant de 97 dB, valeur nécessaire pour certains microphones à rubans, mais elles peuvent également accueillir un niveau ligne. L'admissibilité en entrée est en effet très en progrès: + 56 dB là où la

Micromix permettait +26 dB. Le niveau de bruit est assez voisin de celui de la Micromix

 (qui était excellent), soit une valeur de l'ordre de –127 dBu à –130 dBu. Les progrès sont plus sensibles au niveau de la bande passante, compte tenu des besoins des nouveaux standards en développement: la bande passante est dorénavant plate jusqu'à 50 kHz (65 kHz à –1 dB) pour un gain inférieur ou égal à 80 dB, elle chute de seulement –2 à –3 dB à 20 kHz (15kHz restitué à 0 dB) pour le gain maximal de 97 dB. Le comportement transitoire est excellent.

A l'autre extrémité de la bande passante, certains problèmes de résonance vers 3 à 7 Hz (non mis en évidence avec les appareillages de mesure classiques qui s'arrêtent à 10 Hz) conduisaient dans certaines conditions (enregistrement d'orgue par exemple) à une intermodulation à très basse fréquence perçue comme un empâtement. Le problème a été résolu en conservant les transfos, mais en déplaçant la résonance à 13 Hz (+2 dB): cette résonance est maintenant connue et ses effets maîtrisés.

L'évolution des techniques des enregistreurs a également conduit à revoir l'alimentation.

Nous avons dit que la précédente utilisait 10 piles, soit 15 volts. Le décrochement s'effectuait

vers 5-6 volts, soit une plage remarquable. L'alimentation à découpage fonctionnait à 40-50 kHz (80-90 kHz sur le PSP2). Le reliquat du découpage subsistant en sortie n'était pas critique pour les enregistreurs à bandes, mais pouvait conduire à des battements avec les enregistreurs numériques si le filtrage n'était pas assez raide. La MIX 2000 et le préampli PSP3 font dorénavant appel à un convertisseur +/-12V avec une fréquence de découpage de 500 kHz, repoussant ainsi hors bande les résidus du découpage.

L'alimentation est possible à partir d'alimentations externes entre 4 V et 16V, par un pack d'accus, avec commutation externe/interne sans parasites. Le changement de couleur automatique du témoin a lieu à 9 V, et en cas d'utisation de piles (8 piles R6), il y a déconnexion à 8 V, afin d'éviter qu'elles ne coulent.

Les progrès sont également sensibles en sortie avec une possibilité de désymétrisation sans perte de performances (utile notamment en cas d'utilisation avec des Betacams).

Chaque voie dispose d'un poussoir "solo" permettant une écoute individuelle et un affinage des niveaux. Un inverseur de phase est disponible sur toutes les voies (ceci était limité aux voies 2 et 4 sur la Micromix de dernière génération mk3). Les voies peuvent être couplées deux par deux.

Les niveaux sont étalonnés par rapport à la norme. Pour leur affichage, les galvanomètres

ont été abandonnés au profit de rangées de diodes (de – 40 à + 8 dB), commutables en VU-mètre ou peak-mètre, pour des raisons de réponse dynamique et d'identification des bruits à faible niveau.

La MIX 2000 comporte en outre – ainsi d'ailleurs que le PSP3 – un codeur-décodeur M/SStéréo dans les deux sens, avec possibilité d'écoute avec ou sans codage. Cette option présente un intérêt particulier en cinéma et télévision, le M/S étant obligatoire pour conserver une compatibilité mono-stéréo. En outre, le M/S peut être archivé sur un support caractérisé par une diaphonie médiocre.

Les sorties comportent une atténuation possible au niveau micro de –60 dB. Une sortie directe des 4 préamplis d'entrée est également disponible, ainsi qu'une extension d'entrées permettant, par exemple, d'ajouter deux voies supplémentaires à l'aide d'un préampli PSP3. Ceci est particulièrement utile en cas d'enregistrement multi-canaux, le standard 5.1 exigeant… 6 canaux.

En option, la mixette peut comporter une sortie stéréophonique numérique, avec conversion sur 24 bits à 44.1 ou 48 kHz, avec sortie SPDIF ou AES. Cette conversion de haute qualité fait appel à un convertisseur Crystal 5360. La présence de cette option se justifie par le fait que si, le plus souvent, les convertisseurs D/A des enregistreurs sont corrects, il n'en va pas toujours de même de leurs convertisseurs analogique-numériques, en particulier pour les graveurs de CD où les constructeurs ne font aucun effort, les professionnels entrant généralement en numérique. Ce module est déconnecté lorsque la fiche n'est pas engagée sur l'embase, économisant ainsi 1/2 W de consommation.

Présentation du préampli PSP3

Les évolutions entre PSP2 et PSP3 sont semblables à celles commentées jusqu'ici à propos de la MIX 2000: Le PSP2 était un bon produit, mais outre les problèmes d'alimentation dont il a déjà été question, il présentait des sorties symétriques non flottantes qui interdisaient de mettre un pôle à la masse, une admissibilité de 35 dB, une petite sortie mini-jack reprenant une des deux alternances sans possibilité d'avoir un niveau différent sur le mini-jack et les XLR, pas de décodeur M/S et une impossibilité de rattraper la balance entre deux micros non appariés. Ce préampli avait été conçu pour être associé à un mini DAT portable, sans anticiper suffisamment l'évolution des micros modernes.

Le PSP3 utilise la même mécanique, avec une amélioration au niveau du coupleur de piles et du voyant de mise sous tension. Il possède un indicateur de saturation gauchedroite.

Les sorties symétriques flottantes peuvent être branchées en asymétrique sans inconvénient. Le niveau de la prise casque sur mini-jack est réglable par potentiomètre par rapport aux sorties principales. De petits détails ont été corrigés, par exemple, les filtres sont dorénavant commutables dans l'ordre, c'est à dire: off, 80 Hz, 120 Hz.

Les gains sont réglables par commutateur 20-40-70 dB, avec un réglage de niveau master par potentiomètre ALPS cranté (comme sur la MIX 2000) et une balance de – 4 à + 12 dB sur l'étage d'entrée. De même que sur la MIX 2000, les LED tiennent compte des niveaux du préampli et de l'étage de sortie, et interviennent 6 dB avant la saturation; de même également, le préampli procure l'alimentation fantôme des micros en 12 V et 48 V.

Un deuxième potentiomètre et un commutateur révèlent la fonction ajoutée à ce préampli:

le codage M/S. Le potentiomètre permet le réglage mono-M/S-superstéréo artificielle, et tient lieu de ce fait de touche mono.

Le gain global est de 70 dB, avec 6 dB de réserve. Il est donc globalement voisin de celui du PSP2. C'est le plan de gain qui est en fait modifié. Le recul du bruit est un peu en progrès: -128 dB au lieu de –124 dB. Sur les trois réglages de gain, le "head room" est le même : 38 dB. Le PSP3 peut donc accepter +18 dBu sur les entrées symétriques. Ce préamplificateur n'utilise pas de transformateur, pour des problèmes d'admissibilité. Sa bande passante est volontairement limitée à 20 Hz – 20 kHz à +/- 0,25 dB.

En résumé, l'objectif visé pour ces deux préamplis a été de se placer aux limites théoriques en matière de performances de bruit, admissibilité et portabilité. D'autre part, il s'agit d'outils de travail présentant une bonne robustesse mécanique.

De petites enceintes Monitor

La présentation des préamplificateurs a été complétée de celle de prototypes de petits moniteurs de contrôle, développés à partir des DCM 3 et 4 bien connus de l'association.

Les évolutions concernent les haut-parleurs, le 10cm TPX étant remplacé par un 13cm aérogel, le tweeter étant un dôme souple de 25mm spécifique. L'enceinte est blindée par conception. L'électronique reste inchangée, l'amplificateur de 40 W étant commun aux deux voies et le filtrage aussi simple que possible. La distorsion est inférieure à 0.1% à toutes les puissances et le facteur d'amortissement de l'ordre de 10 000! La bande passante de l'électronique est limitée volontairement à 40 Hz et 50 kHz. Un mute est prévu à l'allumage et à la coupure. Le niveau est de –3 dB à 65 Hz, suivi d'une coupure raide du grave. AETA Audio a visé la clarté, la transparence et l'intelligibilité, avec un peu plus de "soyeux" au niveau du tweeter que dans l'ancienne réalisation

Les écoutes

Les extraits présentés à l'Afders avaient été réalisés avec une Micromix, un PSP2, un

PSP3 ou une MIX2000. Les enceintes étaient directement reliées au préampli et ce dernier au lecteur CD de l'association, ou à un enregistreur DAT Tascam DAP1.

L'écoute d'un ensemble orgue et trompette, destiné à être publié très prochainement sous la forme d'un CD Philips, se révèle fine et aérée, avec une bonne dynamique et une excellente restitution de l'ambiance et du détail. Bon sentiment d'espace.

L'extrait de Jazz Memories enregistré lors d'une séance Afders est restitué de manière précise et propre. C'est transparent, détaillé sans agressivité. Bonne restitution du "swing".

A l'écoute du quintette de Stertzel, l'auteur de la prise de son retrouve l'équilibre de ses modèles EAA, avec peut-être un peu moins de "rapidité". Très bon équilibre des timbres, particulièrement dans le médium, avec un grand sentiment de naturel.

En conclusion d'un exposé particulièrement brillant et d'illustrations sonores convaincantes, l'Afders est particulièrement heureuse de constater que la poursuite des réalisations de feu la société EAA est dorénavant assurée avec d'excellentes garanties de pérennité, et avec des aménagements mettant ce matériel à la pointe de la technique et des besoins des utilisateurs.

Elle remercie, en la personne de MM. F. Staman, J-B. Zanivan et A. Godefroy, la société AETA Audio pour l'excellent après-midi passé en leur compagnie, ainsi que pour l'offre spéciale proposée à cette occasion à ses membres.

JM. Grandemange.

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